Manager et Entrepreneur

Création d'entreprise

Le cursus en Ecole Supérieure de Commerce vous nourrit de concepts. Les étudiants sont amenés à suivre des cours de ressources humaines, de marketing, de finance, de stratégie...

Dans le dernier cycle, quelques heures sont enfin dispensées sur le management. Manager et leader y sont présentés. En théorie toujours.

Quand vient la pratique, au début d’une carrière professionnelle, on a toujours beaucoup d’estime pour les managers. Ils ont l’ancienneté et le savoir et sont souvent un modèle pour les jeunes équipes. Pour peu que ces derniers soient charismatiques, et l'image est parfaite. Pourtant...

Pourtant, avec le temps, le manager devient rapidement la source de nouveaux problèmes. Trop comme-ci, pas assez comme-cela. Le manager n’est jamais la bonne personne et on discute plus de ses défauts que des éventuelles qualités qu’il peut parfois démontrer.
Manager peut être un réel souhait pour ceux qui ont un désir profond d’écouter, d’enseigner et de canalyser. De s’exposer aussi. A la critique, qu’elle soit bonne ou mauvaise. On comprend que le bon management requiert tout autant de qualités humaines que de savoirs à proprement parler.

Pédagogue, empathique, le bon manager sait aussi faire avancer conjointement la société et ses équipes. Leader ? Pas nécessairement. Directeur certes. Il sait où il veut aller et connaît ceux qui l’assistent.

Apte à motiver, symbole de rigueur, le manager idéal n’a pas d’appréhension à partager ses acquis et pousse ceux qui le veulent à se remettre en question et à progresser.

Cette définition, personnelle je le concède, du manager m'amène désormais à discuter maintenant des qualités de l'entrepreneur. L'entrepreneur, dans son rôle, est un manager. Manager face à ses éventuels associés, face à ses futurs salariés. Mais souvent l'entrepreneur est seul. Quels est donc le portrait idéal du créateur ?

J'aimerais à ce propos emprunter ici une vision exposée sur les pages de Pierre-Olivier Carles : celle des deux pôles de l'entrepreneur. D'un côté, le créatif avec une idée à la minute et toujours à la pointe de leur domaine. De l'autre le constructeur, pragmatique et patient, bâtisseur d'un socle solide. A partir de ces deux concepts, Pierre-Olivier Carles conclue sur l'entrepreneur idéal, alchimie des deux faces décrites.

Cependant, par delà cette présentation vers laquelle je vous renvoie (cf les liens), je reviens à croire que l'entrepreneur idéal se situe dans un juste milieu des qualités :

• créatif mais bâtisseur sans doute, mais aussi

• courageux mais prudent

• confiant mais humble

• ..

Ayant déjà abordé le sujet du courage, je reviens par exemple sur la confiance et l'humilité. Une récente étude (I Think I can, Overconfidence and Entrepreneurial Behaviour) menée dans dix-huit pays révèle que les pays qui comprennent le plus grand nombre d'individus convaincus de leur capacités à réussir (Nouvelle Zélande, Argentine, Canada...) ont le plus fort taux d'échecs de PME. Tandis que les pays qui ont un nombre restreint d'individus confiants (Japon ou Suède) ont des forts taux de réussite.

S'il est une qualité dont je parlerais sans nuance chez l'entrepreneur, c'est plus son amour pour la liberté, sa passion. Energie motrice dans la difficulté, dans le grand saut. Beaucoup de rédacteurs (à l'instar de Laurent Edel ou Pierre-Olivier Carles) reviennent d'ailleurs sur les résistances des créateurs et dressent le constat du faible taux de créateurs face aux actifs souhaitant créer. Pour les dépasser, seul la passion, l'amour de la liberté, parvient à passer ce cap.

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