S’associer, pour le meilleur comme pour le pire

Création d'entreprise

En France, et comme il était précisé dans le post précédent, plus de 233 000 entreprises ont été créées ex-nihilo. Et les chiffres de l’année 2007 tendent à dépasser ce précédent record.
Parmi ces créations d’entreprises, une grande majorité d’entre elles naissent sans salarié. 85% pour être plus précis ce qui semble malheureusement légitime compte tenu des charges qui pèsent à ce jour sur une structure dont la solvabilité ne peut être garantie dans les premiers mois.
Pour autant, derrière chaque entreprise se cache un homme (7 fois sur 10) ou une femme, non salarié dès lors. Et face à eux, un choix déterminant : être seul ou accompagné ?

Les statistiques nous montrent qu’une légère majorité d’entreprises sont constituées en société (54% contre 46%) plutôt qu’en entreprise individuelle.
Mais finalement si l’on ajoute le nombre d’EURL (comptabilisé dans les sociétés), on constate qu’une majorité d’entrepreneurs démarrent leur projet seul donc sans associé.
S’associer ou non ? Voilà une question délicate à laquelle tout entrepreneur se devra de répondre un jour. Car même si généralement, l’entrepreneuriat se perçoit plus comme une aventure solitaire, le créateur devra faire l’état des lieux de deux principales variables :
- L’adéquation homme / projet : face à l’ambition du projet, quelles sont les compétences requises ? L’entrepreneuriat fait appel à des qualités similaires, mais la différence se situe dans l’ambition du projet et de sa spécificité.
- L’équilibre besoin / capacité de financement : L’entreprise va générer un besoin en financements, initial puis continu, jusqu’au seuil de rentabilité. Face à ce besoin en fonds de roulement, quelles ressources peuvent être mobilisées ?
Compte tenu de ces réponses, le créateur peut ou non porter seul son projet. Ces éventuels besoins (financiers ou humains) peuvent être compensés par l’introduction d’associés. Telles est la valeur ajoutée de l’association : apporter dans l’immédiat une réponse aux besoins. Un tour de table à finir, une compétence, une crédibilité, un besoin d’être entouré…etc.
Le principal écueil réside dans le simple fait que l’association n’est pas du court terme ! Autant elle permet d’affronter les problèmes de départ, autant l’association est évolutive et se doit d’être pérenne.
Ainsi s’associer doit certes répondre à la problématique actuelle du projet d’entreprise, mais s’associer doit aussi être fait dans l’équilibre d’une société à moyen et long terme.
S’associer, c’est donc pour le meilleur comme pour le pire. La rigidité des statuts et de la réalité économique d’une société doit s’adapter à une relation évolutive des associés. Une relation humaine qu’aucun business plan et prévisionnel ne peut anticiper.
C’est ainsi que les tribunaux de commerce peuvent nous narrer les malheureuses destinés d’entreprises au sein desquelles les associés n’ont pu s’entendre dans le temps.
Une création d’entreprise revient à en minimiser les risques et ce risque là est trop peu considéré par les créateurs car l’association apporte son lot de positif dès le départ.
Mais il n’existe pas d’associé parfait. Et il est nécessaire de savoir prendre le temps avant d’agir. Connaître au mieux le savoir, vouloir et pouvoir faire de chacun. Savoir reculer les échéances (la plus importante étant la signature des statuts qui est l’acte fondateur de toute entreprise). Savoir prendre les décisions qui s’imposent avant, pendant et après.
L’association est une formidable aventure humaine car elle rend toujours le parcours plus agréable. On y apprend à partager les échecs et les succès. Alors ne la laissez pas flétrir et soyez à l’écoute de votre ou vos associés. Sachez trouver les solutions en adéquation avec la réalité humaine et sociétale.
S’associer ou non ? La question ne peut bien sur pas être tranchée de manière théorique. L’association est fonction du projet, du tempérament de ses créateurs, comme de leur ambition. De leurs compétences et de leur capacité financière aussi.
Mais tous les créateurs doivent se souvenir qu’une entreprise, avant d’être un business plan ou des statuts, ce sont avant tout des personnes.

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