L’autel des sacrifices entrepreneuriaux

L'aventure de Metycea

L’autel des sacrifices entrepreneuriaux

Ce premier semestre 2015 s’est professionnellement achevé le vendredi 26 juin de cette 26ème semaine de l’année par l’organisation de la conférence E1. L’occasion de vous confier quelques pensées plus personnelles sur le chemin entrepreneurial accompli sur ces 6 premiers mois.

NB : Ce billet a été partiellement rédigé au soir du 26 juin pour aborder de manière « intime » le vécu de mon premier semestre. Il aura trouvé sa conclusion à la lecture appréciée des billets d’autres entrepreneurs en cette fin d’été, période propice aux prises de recul…

Le versant objectif

A mon actif entrepreneurial, ces 6 mois auront permis

  • De poursuivre la structuration et le développement de Metycea, positionnée en tant qu’agence de conseil, de conception et d’animation de projets web. L’entreprise poursuit une croissance saine du fait tant de la confiance renouvelée ou nouvelle de clients appréciant notre approche « web business class » que de la qualité de son exceptionnelle équipe.
  • De gérer la création de la jeune société LYSUS porteuse du sympathique concept Adventure Rooms Provence, 1er jeu d’enquête en réel du Var aux côtés d’un de mes plus anciens amis.
  • De continuer mon implication aux côtés de TVT Innovation en tant que membre du conseil d’administration sur des dossiers passionnants comme celui de l’émergence, l’animation et la promotion du numérique à Toulon.
  • De recevoir la confiance du réseau des entreprises du numérique à Toulon (la filière 43.117) pour en assurer un temps donné la présidence.
  • De contribuer de manière toujours passionnée à l’organisation d’événements à l’instar de la conférence web E1, de retour enfin cette année pour sa 3ème édition.

C’est d’ailleurs par cet événement que se sera clôturé mon premier semestre 2015 puisque l’E1S3 aura rassemblé ce vendredi 26 juin plus de 120 personnes pour assister à une journée de conférences web.

Peu importe l’actif au final, le versant objectif est que pour parvenir à cela en 6 mois, il aura fallu travailler 1873.5 heures contre 1264.75 à la même période l’an dernier.

En d’autres termes, cela signifie des semaines de 70 heures contre 50 heures. Ou plus prosaïquement des journées de 10 heures 7 jours sur 7 sans pause, à quelques rares événements près.

Le versant subjectif

70 heures d’entrepreneuriat se répétant inlassablement pendant 26 semaines, c’est, je crois, l’épreuve physique et psychologique la plus importante que je me sois donnée de relever. Un pari fou de tenter de porter de manière commune plusieurs aventures sans véritable lien…

Une forme de paroxysme, une forme d’absolution…Avec le sentiment d’un navigateur solitaire pris dans la tempête pendant 6 longs mois mais toujours décidé à avancer sans perdre le cap. Et heureusement motivé par un entourage / équipe compréhensif.

Et le résultat est là : une forme d’aboutissement doublé d’une forme de satisfaction personnelle à avoir pu réussir une partie du défi entrepreneurial que je m'étais donné de relever.

Avec le recul actuel, j’ai l’impression que mon parcours entrepreneurial est souvent la conjonction de 3 grands temps :

  • Un temps pour l’illusion : ce moment où tout démarre avec entrain. Ce moment où la passion et la motivation sont intactes. Ce temps où la candeur prédomine ou tout semble possible dans un océan de liberté qui s’ouvre à nous. L’entrepreneur, heureux d’agir enfin de manière libre, se livre donc à ses envies. Il jouit de ce temps et en profite pour essaimer ses idées.
  • Un temps pour la réalité : le temps passe alors et le projet doit prendre forme car le compteur tourne et s’accélère. Fini le temps des rêveries, il faut être plus pragmatique, s’organiser, prioriser et faire les bons choix pour tenir les impératifs. L’entreprise et l’entrepreneur entrent alors dans une même danse et doivent s’accorder pour réussir sans fausse note.
  • Un temps pour les sacrifices : l’entreprise prédomine. Elle impose maintenant son rythme à l’entrepreneur qui doit faire face aux obligations toujours plus nombreuses. Dans ce temps, la liberté devient rare et le rationnel l’emporte sur tout. L’entrepreneur humain se dilue au profit du gestionnaire plus froid.

Ces temps, ces époques se mêlent et s’entremêlent dans la vie de l’entrepreneur qui, s’il est encore là demain aura toujours à faire face à ces 3 temps. Tantôt il se laissera parfois aller à être à contretemps, risquant alors de tout perdre ce qu’il aura voulu créer. Tantôt, il s’ajustera et passera avec succès le mauvais temps.

L’idée du sacrifice entrepreneurial

Lors d’un précédent billet, j’ai souhaité livrer une liste de 10 conseils aux entrepreneurs. Une tâche bien ardue tant l’entrepreneuriat est un chemin semé d’embuches qu’elle mériterait sans doute une liste de conseils bien plus exhaustive.

S’il en un qui m’a plus marqué dans mon parcours personnel, c’est bien le dernier que je me permets de réciter :

« Choisissez avec parcimonie l’autel de vos sacrifices »

Choisir l’autel de ses sacrifices reste selon moi le point crucial de toute la démarche entrepreneuriale.

Chaque entrepreneur a son jardin secret dans lequel trône l’autel de ses sacrifices entrepreneuriaux. Nous y sacrifions dans l’ombre nos soirées, notre sommeil, notre santé, nos proches…nous y transgressons parfois chacun des conseils précédents.

Cet autel est celui qui vous marquera le plus dans votre vie entrepreneuriale car vous devrez seul assumer la raison de ces sacrifices.  Alors ne vous trompez pas dans son choix et demandez-vous bien pourquoi vous voulez entreprendre.

Cette vision, un peu âpre de l’entrepreneuriat, m’a semblé intéressante à évoquer tant l’exercice m’est devenu difficile ces derniers mois.

Un blog reste un espace de confidences et j’ai préféré écrire sur des sujets me concernant actuellement et non y revenir a posteriori une fois leur sentiment étiolé.

Certains d’entre vous ont le sentiment d’une vision un peu pessimiste de la création d’entreprise. D’autant moins inacceptable aux yeux du « non-entrepreneur » qu’il nous rappelle souvent que notre posture résulte d’un choix personnel. Qui n’a pas déjà entendu cette phrase pleine de sous-entendus « Mais tu l’as choisi non ? ».

Pour moi, l’entrepreneuriat est tant liberté que sacrifices. Et ayant, beaucoup écrit sur la face « liberté », il me semblait aussi intéressant de parler un peu des « sacrifices ».

Sacrifice. Abnégation. Ce sont des termes qui ont pris du sens avec les dernières années. Au point où j’en ai cherché une raison personnelle plus concrète. J’ai pu alors remarquer que les deux termes sont d’ailleurs étroitement liés

  • Bien que son étymologie latine (abnegatio signifiant le refus) ait pu d’abord désigner une forme de refus ou de renoncement, l’abnégation signifie aujourd’hui un sacrifice volontaire de soi-même, de son propre intérêt et par extension le désintéressement, le sacrifice et le dévouement.
  • Le sacrifice (du latin sacrificium) évoque le fait de rendre sacré, de faire une offrande.

En ce sens, l’entrepreneuriat revêt parfois de ce caractère sacrificiel. Et cette idée d’autel de sacrifices reste une métaphore pour le décrire.

Au final, s’il est une question bien intime à adresser à un entrepreneur quand vous le croiserez, ce serait de lui demander pourquoi il fait tout cela ? Car, au délà du projet professionnel qu'il porte, c'est les raisons de ce choix qui le définissent individuellement. 

Réussir un sacrifice maitrisé

La conclusion de ce billet est venue au travers de la lecture de sympathiques proses d’autres entrepreneurs.

Dans cette attitude dite « sacrificielle », la confiance en soi et l’organisation sont des piliers vitaux pour maîtriser son investissement et réussir à passer le cap. Pour réussir à tenir cette délicate période, j'ai du faire attention à plusieurs facteurs. Je profite donc de vous relayer 3 récents billets écrits par des entrepreneurs passionnés et qui regroupent une bonne dose de ce que j'aurais pu vous confier :

Commentaires

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  • Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front. Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime. Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime. Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour, Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour. C'est le prophète saint prosterné devant l'arche, C'est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche. Ceux dont le coeur est bon, ceux dont les jours sont pleins. Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains. Car de son vague ennui le néant les enivre, Car le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre. Etc.... Victor HUGO