La survie de l'entreprise

L'aventure de Metycea

teletravail

La création d'entreprise véhicule généralement une image positive : celle de la liberté, de la réussite et de l'autonomie.

C'est en effet l'une des faces de l'entrepreneuriat, celle qu'on découvre le plus souvent à la lecture des espaces tenus par les entrepreneurs. Pour autant, le côté obscur existe aussi avec son lot de désillusions et de mauvaises nouvelles.

La crise économique actuelle nous rappelle ces fondamentaux. L'écriture de ce billet est d'ailleurs conditionné par les mauvaises nouvelles découvertes cette semaine autour de Metycea : il est l'occasion d'adresser tout mon soutien à François de Hellotipi, Jean-Hubert de Home Quest et Adrien de ABO Solutions.

Panorama des entrepreneurs de l'ebook

L'action de l'ebook "Temoignages des Entrepreneurs" m'a fait mieux connaître certains créateurs d'entreprise. J'ai pris pour habitude de suivre leurs aventures avec plaisir.

Or, dans la même semaine, j'ai pu découvrir sur leurs blogs que l'activité actuelle les obligeait pour trois d'entre eux à prendre des décisions difficiles. Pour Jean-Hubert et Adrien, c'est la cessation d'activité. Le premier par la liquidation, le second par la mise en sommeil. Pour François, c'est la nécessaire séparation avec ses deux collaborateurs (Christophe et Thomas) afin de maintenir un équilibre financier.

Une triste semaine pour l'entrepreneuriat mais une réalité à ne pas perdre de vue.

Dès la création de Metycea, nous avons considéré qu'il nous fallait survivre en se développant. Je n'ai jamais aimé ce terme trop "guerrier" mais il est pourtant le terme le plus adéquat : on parle d'ailleurs du taux de survie des créations d'entreprise.

Je me souviens que lors de la réalisation des actions pour l'entrepreneuriat (en 2007 avec les 11 podcasts de l'entrepreneuriat en Région PACA, puis en 2008 avec le guide collaboratif "Témoignages des Entrepreneurs" co-écrit avec 10 autres rédacteurs), j'ai toujours eu cette pensée : combien d'entre nous seront encore présents dans 3 ou 5 ans ?

En faisant le bilan 4 mois après, on retrouve la situation suivante :

  • ABO Solutions : mise en sommeil
  • Emob : développement et restructuration des activités en plusieurs sociétés
  • Home Quest : liquidation
  • Clic it : -
  • Hellotipi : séparation avec les 2 collaborateurs
  • Good Futur : -
  • Baby Bidou : -
  • Maxime : changement de société
  • Bagatelles : -
  • Loomiz : développement d'une activité parrallèle

Bref, des situations diverses de gestion dans des contextes de croissance ou de récession. Au travers de ce spectre de 10 sociétés, on voit bien que l'entrepreneuriat n'est pas un long fleuve tranquille ou une aventure déjà écrite. J'avais d'ailleurs bien apprécié que les rédacteurs de l'ebook soient généralement plus enclins à prévenir de ces risques les futurs entrepreneurs.

La cessation d'activité

D'un point de vue plus général, la cessation d'activité est pour dans 3/4 des cas issue d'une trésorerie difficile (mauvaise rentabilité ou nombre trop faible de client ou manque de fonds propres). Dans 25% des situations, cela est le fait d'un problème personnel : mauvaises ententes entre les associés, problème de santé.

Sur un plan technique, la cessation d'activité est "l'arrêt définitif de l'activité de l'entreprise, après la liquidation de ses comptes et la fermeture de son dernier établissement d'une entreprise". Selon l'INSEE, il existe trois types de cessations : les cessations pures (fermeture définitive de l'entreprise), les cessations impures (activité reprise ultérieurement) et les cessations par mise en location gérance (passage du statut de propriétaire exploitant à celui de loueur de fond).

En chiffres, le taux annuel de cessation d'activité est d'environ 11%. Sur 5 ans, on estime qu'une entreprise sur 2 aura cessé son activité. Généralement, il s'agit d'une décision liée à à l'activité économique, mais pas seulement. En fait, il s'agit le plus souvent d'une superposition de problèmes comme le montre ce tableau (publié dans une étude de 2005 réalisée par la DEcas)

Cette même etude aborde l'avenir des anciens créateurs : 18 mois après la cessation, 61% ont retrouvé un emploi. Sur 5 ans, voici le panorama des situations :

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