Le syndrome France Telecom : réalité ou instrumentalisation ?

L'aventure de Metycea

FranceTelecom

Difficile de prendre position sur un sujet aussi délicat que le mal-être social et plus particulièrement la "vague de suicide" chez France Telecom. Les médias ont pourtant sans cesse repris le sujet...peut être un peu trop justement.

Ce matin dans La Croix, un statisticien est venu apporter sa vision opposée à toute cette histoire. Et ses conclusions sont intéressantes à faire partager pour le débat.

France Telecom, un syndrome général

L'affaire France Telecom ressemble beaucoup à celle qui a ébranlé Renault dans le passé. Avec à ce jour 25 cas de suicide, l'entreprise est totalement déstabilisée et sa direction est de plus en plus isolée tant par ses salariés que par des soutiens extérieurs.

A l'écoute des principaux médias, il est déprimant de voir combien les salariés se sont coupés de leur direction. Au sujet du vaste questionnaire distribué en interne, deux salariés ont rappelé combien cette mesure leur semblait insignifiante et même qu'elle pouvait servir d'argument à leur direction. L'un d'eux a dit "je ne fais plus confiance à personne..."

A chaque cas de nouveau suicide chez France Telecom, l'affaire revient au galop et les salariés s'empressent de mettre en exergue les difficiles conditions de travail.

Dans le même prolongement, ce matin, une personne de Pôle Emploi, s'exprimant sur le malaise interne, a parlé du syndrome France Telecom pour qualifier l'ambiance qui se dégrade semaine après semaine chez eux. C'est donc un peu l'effet boule de neige...

Une réalité contestée

Dans une chronique publiée sur La Croix, René Padieu, inspecteur général honoraire de l'Insee, président de la commission de déontologie de la société française de statistique déclare :

En 2007, on avait pour la population d'âge d'actif (20 et 60 ans) un taux de suicide de 19,6 suicides pour 100 000", explique-t-il. "24 suicides en 19 mois, cela fait 15 sur une année. L'entreprise compte à peu près 100 000 employés. Conclusion : on se suicide plutôt moins à France Télécom qu'ailleurs", affirme-t-il

La dure réalité des chiffres rappelle combien il est possible de focaliser sur un chiffre sans le remettre en question. Mais peut-être les statistiques ont la mauvaise habitude d'annihiler toute dimension sociale au problème.

Un mal-être social concret

Derrière la réalité contestée des chiffres par le statisticien, les revendications des syndicats et des salariés sont bien réelles et personne ne peut contester le malaise interne.

Peut-être que le sujet du suicide est une "mauvaise instrumentalisation" du problème, car ce phénomène n'est pas si anormal comme le laisserait penser René Padieu. Mais dans un sens, cette actualité a réellement marqué l'opinion publique et a fait régir l'entreprise et les politiques. Et en ce sens, c'est une avancée.

Ainsi, il serait approprié de ne pas uniquement se focaliser sur les cas de suicides comme le font les médias mais plutôt à résolution concrète du mal-être social de France Telecom.

Croire en l'existence de quelque chose qui n'est pas constitue ce qu'en psychiatrie on appelle un délire. Ici ce n'est personne en particulier, mais le corps social qui délire : salariés, direction, ministre, syndicat, journalistes, commentateurs, vous et moi tous ensemble. Ce qui est dit dans ce délire n'est pas réel : c'est quand même un symptôme. Il signe quelque chose, un mal-être social" - René Padieu

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